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Le DG ANPME sur le Club de L’économiste : Bilan de promotion des PME et perspectives

Le Directeur général de l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises (ANPME), Alexandre Houédjoklounon était l’invité du Club de l’économiste le mardi 22 décembre 2020. Il a saisi l’occasion à lui offerte par le journal ‘’L’économiste du Bénin’’ pour échanger avec les acteurs des médias béninois sur plusieurs questions liées à l’emploi au Bénin.


Le Club de l’économiste : Monsieur le DG, que peut-on savoir de l’ANPME dans l’espace UEMOA ?

Alexandre Houédjoklounon : Les PME représentent la force économique du Bénin et de toutes les économies d’ailleurs. Au Bénin, 95% des PME représentent le tissu économique. L’ANPME existe au Bénin depuis 1991, le renouveau du système démocratique, sous la forme de programme Campus qui a accompagné les entreprises à se renforcer,  à avoir les outils nécessaires pour se développer ainsi que tous les services financiers de notre pays. Le programme Campus a eu des succès mais également des échecs. En 2008, la capitalisation de tout le programme Campus a permis, dans l’espace Uemoa,  de faire le tour dans tous les pays donc, à l’évaluation de ce programme. Les dirigeants ont estimé qu’il serait important de réunir tous ces acquis, toutes ces réformes dans une agence et c’est à ce titre qu’en 2008, l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises a été créée par décret 5014- 2008 qui porte attribution et création de l’ANPME sous la base des entreprises publiques régies par la loi 2014-00.

Une PME au sens de la loi, est toute entreprise, c’est-à-dire toute unité qui produit des biens ou des services dont le chiffre d’affaires hors taxe est inférieur ou égal à 2 milliards FCFA donc entre 0 et 2 milliards FCFA, nous avons les PME et nous pouvons scinder à l’intérieur de ces 2 milliards FCFA, les micros si le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 30 millions FCFA. Nous avons les petites entreprises dont le chiffre d’affaires est entre 30 et 150 millions FCFA. Entre 150 millions et 2 milliards FCFA, nous avons les moyennes  entreprises. Voilà un peu la matière sur laquelle nous travaillons.

Les PME si je reviens à votre question. Les PME sont des unités qui ont un certain nombre de problèmes, qui ont des choses sur lesquelles nous devons nous appesantir pour améliorer leur compétitivité. Donc l’ANPME est là pour elles pour qu’elles soient plus compétitives sur le plan national, régional et international. Etre compétitif, c’est avoir des produits ou des services de qualité. Donc une masse critique d’entreprises offre des produits et des services qualité quitte à avoir un avoir un avantage concurrentiel par rapport aux autres entreprises des autres pays et du monde. C’est ce travail que l’ANPME se consacre à faire au quotidien pour renforcer les capacités techniques managériales des micros, petites et moyennes entreprises et leur permettent d’être suffisamment compétitives  par rapport aux autres entreprises.

Parlant toujours de l’espace Uemao, en quoi consiste la politique régionale ?

L’Union économique et monétaire ouest africaine  a un certain nombre de critères de convergence qui permettent une libre circulation des personnes et des biens, des échanges entre les différents Etats membres. Nous devons donc travailler en sorte que les micros, petites et moyennes entreprises puissent se retrouver dans un environnement adéquat pour leurs affaires. L’ANPME est au Bénin mais elle a des agences sœurs dans les autres pays de l’espace UEMOA. Nous en avons au Sénégal en Côte d’Ivoire, au Mali, au Burkina Faso, de telle sorte que dans n’importe quel pays de l’espace UEMOA, vous avez une agence comme l’ANPME du Bénin. Nous avons un réseau en Afrique de l’ouest et nous échangeons sur les bonnes pratiques des uns et des autres et on peut faire des montées en échelle en voyant ce que l’ANPME fait au Sénégal, ce que fait la maison des entreprises au Bénin. Cet espace a un certain nombre de politiques très utiles pour les petites et moyennes entreprises.

Monsieur le DG, quelle est la mission et le rôle assigné à l’ANPME pour le développement des PME au Bénin ?

Nous contribuons à rendre plus compétitives nos petites et moyennes entreprises. Cela veut dire que nous contribuons à l’élaboration de la politique nationale en matière d’appui aux PME. Et nous nous mettons en œuvre cette politique à travers le ministère des PME et son bras opérationnel, c’est l’ANPME. Alors comment on met en œuvre cette politique ? Il y un certain nombre de thématiques sur lesquelles nous travaillons. D’abord, il faut fournir des services pertinents aux entreprises, c’est pertinent pour tout ce qui est service financier au profit des entreprises. Au-delà de ça, il faut faire à ce que les entreprises aient un accès non seulement au marché mais aussi à la technologie et aux financements. Donc l’ANPME les forment pour pourvoir répondre aux conditions de ses différents marchés. Il faut créer un environnement légal infrastructurel, adéquat pour que ces entreprises puissent vraiment coopérer dans ce type d’environnement. L’ANPME les suit également au quotidien pour voir ce qui ne marche pas et ce qui marche.         Et une fois capitaliser, nous essayons de voir qu’est-ce qu’il faut changer au plan légal, qu’est-ce qu’il faut apporter au plan règlementaire, qu’est-ce qu’il faut apporter en matière de fourniture de service ou en matière d’innovation pour pouvoir accompagner les PME. Donc, l’ANPME est l’avant-garde de tout ce qui est de la promotion des PME leur besoin et nous sommes chargés de leur apporter des solutions.

Quelles sont les actions posées par l’ANPME ces dernières années ?

Pour ces dernières années, de 2017 à aujourd’hui,  l’ANPME a essayé de s’aligner sur le PAG, le programme d’Actions du gouvernement à travers son pilier 2 qui vise la transformation structurelle de l’économie, la stratégie 4 qui parle de l’amélioration de la croissance économique. Ces deux éléments ont servi de cadrage pour la mise en œuvre des différentes actions que l’ANPME  a eu à conduire depuis 2017. Il faut dire à ce jour que les actions phares, c’est la constitution d’un répertoire des petites et micro entreprises sur toute l’étendue du territoire national. Dans les communes du Bénin, l’ANPME a appuyé au moins, une entreprise. Dans toutes les communes du Bénin, nous avons visités et identifiés les entreprises qui y sont. Nous avons couvert tous les secteurs phares du PAG à savoir l’agro-industrie, le tourisme, l’économie et les secteurs qui sont porteurs d’avenir. Aujourd’hui, nous avons un répertoire de PME de toutes les communes que nous actualisons tous les jours. Notre répertoire n’est pas composé que d’entreprises formelles. Il y a des entreprises informelles qui ont une capacité de production qui permet de les garder et de les monter en échelle. Au-delà de la constitution de ce répertoire, nous avions lancé un diagnostic sommaire avant de poser des actes chirurgicaux aux entreprises, il faut quand même voir à quel niveau ces entreprises sont, quel est le problème rencontré par chaque entreprise. Alors on fait un diagnostic sommaire et on sait au niveau des fonctions de chaque PME, la fonction de production, de marketing, de commercialisation de comptabilité et quels sont les problèmes que les différentes entreprises se rencontrent. Aujourd’hui, l’ANPME a un outil numérisé disponible sur le net. Chaque entreprise peut voir à quel niveau elle se trouve.

A partir de là, nous avons des plans de transformation pour chaque entreprise. On sait  quels sont les problèmes que les entreprises ont. On a commencé les appuis immatériels qui sont des renforcements des capacités pour les amener d’un point un à un point de la comptabilité. Pour la fonction de production on voit comment ces entreprises produisent. On revisite tout le processus de transformation des entreprises avec l’appui des cabinets spécialisés. Si le package est mal fait, l’ANPME l’appui pour qu’elle soit plus compétitive. On a    fait différentes formes de formations qu’il faut pour que les produits soient de qualité. On est rentré dans la gestion managériale, commerciale et on a formé les entrepreneurs sur toute l’étendue du territoire national. Ces appuis ont permis de faire un certain nombre de choses. Nous avons fait des campagnes de promotion made in bénin pour que les béninois consomment leurs produits un peu plus. Et enfin des appuis matériels ont été également faits. Nous avons eu aussi à les équiper d’une manière ou d’une autre en machines. Voilà en gros les grandes actions que l’ANPME  a réalisées pendant ces trois dernières années.

Que direz-vous de vos actions en 2020 ?

En 2020, fidèle à ses engagements, nous avons évolué dans la même trajectoire, comment appuyer les entreprises au financement, comment aider les entreprises à avoir accès aux marchés, comment leur donner la bonne information. Je vais commencer par l’accès à l’information. Nous faisons de l’accès aux informations pour les PME. Le besoin d’information est nécessaire. Au début de l’année par exemple, nous rassemblons les faitières des PME et nous les informons sur la loi des finances, quels doivent être leurs comportements pour respecter les échéances fiscales, les mesures que la douane et le Trésor ont mises en place, tout ce qui intervient, dans l’écosystème des PME, quelles sont les nouveautés, quelles sont les avantages ? ON les renseigne en début d’années sur les différentes innovations. Nous évaluons avec elles vers le mois de juin comment les PME ont ressenti ces mesures. Cela nous permet de reporter ça au ministère des finances et aux ministères sectoriels pour que cela puisse être corrigé dans l’année qui va suivre. Voilà les premières choses qu’on fait pour l’information. Le mois de Mars est un moins d’évaluation fiscale, donc nous nous retrouvons avec les faitières des PME, donc il faut démystifier la fiscalité pour les PME. Nous organisons les vendredis des PME pour recevoir des conseils des fiscalistes.   Au-delà de ces échanges qui permettent aux PME d’avoir la bonne information, on a renforcé leur capacité sur un certain nombre de choses par exemple, la commande publique. La commande publique a beaucoup d’opportunités pour les PME  qui n’existent pas alors, nous avions fait le tour, nous étions dans la partie septentrionale  pour former un certain nombre de PME sur la commande publique

C’est quoi la commande publique ?

 Ah! La commande publique, je vais enlevez commande et mettre marché, là vous vous retrouvez sans doute. Il y a beaucoup d’opportunités pour les micros, petites et moyennes entreprises. Les directives du ministère des finances leur permettent aujourd’hui de faire des affaires avec l’administration publique où il y a beaucoup de marchés pour les PME avec des conditions un peu plus assouplies. Mais nos PME ne saisissent pas nécessairement toutes ces opportunités. Alors on a fait le tour, on était au Nord pour en former un certain nombre, au centre, on l’a fait également et dans la partie méridionale aussi, ici à Cotonou. Un centaine de PME ont été formées sur la commande publique. Nous avons également mis sur pied un dispositif qui permet d’inciter les personnes  responsables des marchés publics à mettre en place les solutions proposées par le gouvernement. Il y a beaucoup de mesures que le gouvernement a proposées pour la commande publique et les personnes responsables des marchés publics ne les appliquent pas nécessairement. Donc nous avons mis en place ces dispositifs pour que ces PRMP renseignent comment  mettre en œuvre les mesures pro-PME pour la commande publique. Ce que nous avons fait aussi cette année, c’est l’accompagnement d’un certain nombre de PME au financement en les aidant à élaborer les documents essentiels demandés par les banques par exemple les états financiers, les plans d’affaires…l’ANPME a appuyé une cohorte de PME leur présentation devant les institutions de financement. Pour ce qui est de la promotion du made in Benin, on fait beaucoup d’actions dans ce cadre mais spécialement pour cette année, nous avons lancé le prix de l’écrivain pro PME, c’est-à-dire comment nos écrivains qui sont des ambassadeurs culturels, sont associés à la promotion du made in Benin. Comment ils habillent leur personnage en Lolo Andoche par exemple, comment leurs personnages prennent du jus,  jus Natas ou Tillou, c’est à dire quand nous lisons des œuvres béninoises, on doit pouvoir avoir dedans nos produits, nos places, nos patrimoines culturels, cultuels et économiques. Voilà un peu ce que je peux dire sur ce que nous avions fait en cette année 2020 et on continue. L’activité sur laquelle nous sommes ces dernières semaines, c’est la capacitation d’un certain nombre d’entreprises de l’informel  que nous voulons conduire vers le secteur formel. Et  cette année, nous avons misé sur les entreprises du secteur de l’immobilier que nous avons recensées. Près de 600 entreprises ont été recensées dans la partie méridionale, d’autres à Cotonou, Abomey-Calavi, etc. Nous  avions organisé pour les promoteurs d’entreprises des séances d’information, d’éducation, et de communication  pour que ces entreprises puissent avoir une idée des textes qui les régissent.  Et la semaine qui va suivre va permettre de lancer une série de formations capacitantes pour que ces entreprises puissent  migrer du secteur informel vers le secteur formel. L’objectif est que lorsque vous venez faire des affaires au Bénin, et vous rencontrez ceux qu’on appelle communément démarcheur, il faut qu’il soit formel, il faut que ce démarcheur vous rassure. Voilà, c’est là où nous en sommes actuellement. Peut-être dans la suite, je reviendrai sur les autres choses qu’on a eu à faire cette année.  Merci.

L’ANPME a organisé récemment une enquête sur un échantillon d’entreprises afin de mesurer leur contribution à l’économie nationale. Pour quoi un telle enquête ?

En fait, nous organisons beaucoup d’enquêtes. L’enquête dont vous parlez, on a commencé à faire des enquêtes que nous appelons le baromètre des PME. C’est beaucoup plus pour voir la santé des PME, comment se portent nos micros, petites et moyennes entreprises. Nous essayons de voir comment va leur trésorerie, comment se passent les paiements, que ce soient des fournisseurs, les clients, quel sont les délais, quels sont les problèmes que les PME ont en matière financement… Donc ces enquêtes se font trimestriellement et permettent de voir un tout petit peu, la bonne santé que nos PME ont. Au-delà de ces enquêtes, nous avons fait des enquêtes  pour écrire le rapport national sur les PME et c’est justement là que nous avons évalué la contribution de nos PME à l’économie en matière de création d’emploi, de richesses, et de contribution à l’atteinte des ODD, un certain nombre de choses qui se trouvent dans le champ des PME. Il faut rappeler que l’enquête ne couvre pas tout le Bénin et c’est pourquoi nous avons des résistances à extrapoler ces résultats. C’est beaucoup plus concentré sur la partie méridionale   et nos grandes villes où nos antennes sont implantées. Le siège de l’APME est à  Cotonou ; on a une antenne à Abomey au centre et une autre antenne à Parakou. Donc les enquêtes ont été organisées dans ces zones circonscrites et cela a permis quand même d’avoir une idée de la santé des PME béninoises.

Quels sont les critères qui entrent en ligne de compte dans le choix des entreprises que l’ANPME décide de porter parce que ça bavarde beaucoup autour de certains choix que vous faites et quelle est la garantie, la crédibilité ?

Ça ne doit pas du tout bavarder. D’abord, le secteur des PME est circonscrit. Je vous ai dit, c’est toute entreprise dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à  deux milliards donc, on en est bien là. Donc toute entreprise dont le chiffre d’affaires est entre 00 et 2 milliards est une PME et constitue d’office, une cible pour les interventions de l’ANPME. Alors, la loi 2020-03 du 20 Mars 2020 nous astreint depuis son vote à ne travailler que les entreprises du secteur formel ; c’est à dire, les entreprises qui remplissent cette première condition que j’ai eu à dire, donc  ces entreprises avec lesquelles nous travaillons, c’est à, dire les entreprises qui ont rempli toutes les conditions administratives. D’abord, avoir au moins un registre de commerce, il faut avoir un certain nombre de chose, être formel au sens du terme. Mais nous n’avons pas commencé par là parce qu’on s’est dit qu’il y a beaucoup d’entreprises qui ne remplissent pas ces conditions mais qui ont une forte capacité de production.  Pour lancer notre base de données en 2017,  nous avions misé essentiellement sur les entreprises qui ont une bonne capacité de production et la technique voulait simplement, lorsqu’on vient dans une commune, on demande, on sait que ce produit est un produit phare de la commune. Quelles sont les entreprises qui sont ici, celles qu’on peut appeler les maîtresses de cette production et partir de là, les cabinets que nous avons commis ont listé ces entreprises. Donc c’est sur cette base que nous avons constitué notre premier répertoire. Ça veut dire, les entreprises qui ont une bonne assise en matière de production, en matière de notoriété, qu’elles soient formelles ou informelles au départ. Ensuite, les entreprises qui sont informelles, nous les amenons progressivement à se formaliser pour qu’elles puissent bénéficier de toutes les opportunités qu’une entreprise formelle a. Donc la condition, c’est nous, il n’y a aucune condition qui élimine une PME. Et pour bénéficier des appuis de l’ANPME, il faut simplement se rendre à l’Anpme ou nous contacter via notre numéro whatsapp, et le formulaire vient, vous remplissez et s’il y a n’importe quelle activité au niveau de l’ANPME, vous êtes sollicité. Ce que les gens peuvent dire, c’est qu’il y a tellement de secteurs à couvrir que, nous n’arrivons pas couvrir tous les secteurs. En fonction de nos ressources, jusque-là, les gens trouveront qu’on n’est beaucoup plus dans l’agro-industrie, dans le tourisme et dans des secteurs peut-être où, beaucoup d’entreprises ne se retrouvent pas. Mais on n’a aucun outil de balkanisation de quelque entreprise à l’Anpme. Toutes les entreprises du Bénin sont les bienvenues à l’ANPME et doivent pouvoir bénéficier de l’appui de l’Etat en la matière. Je rappelle que c’est une structure publique donc, il n’y a pas de ségrégation particulière à faire en la matière pour une entreprise ou une autre. Donc je ne crois pas que ça peut maugréer.

Quels sont les grands projets et les perspectives de l’ANPME pour 2021 ?

Merci beaucoup. Il faut dire que la loi 2020-03 du 20 mars 2020 qui a été votée par les députés, promulguée par le chef de l’Etat  doit servir maintenant de boussole pour tout ce que l’ANPME doit faire. Donc, le défi à relever, c’est la mise en œuvre de cette loi et cette loi doit nous permettre d’harmoniser  les concepts au niveau national. D’abord, une première chose à faire à l’ANPME cette année, que ce soit l’administration fiscale, les banques, tout le monde, même les journalistes spécialistes des questions d’économie doivent parler le même langage, quand nous disons PME, tout le monde doit être d’accord sur la même définition. Aujourd’hui, les banques ont leur définition de la PME, l’administration fiscale a sa définition de la PME mais il y a une loi aujourd’hui au Bénin  qui dit que la PME, c’est tout entreprise dont le chiffre d’affaires est inférieur à deux milliards. Donc il y a ça d’abord, l’harmonisation de ces concepts-là. C’est également, l’accréditation et le suivi des entreprises. Il faut dire qu’au bénin, l’entreprise se crée au gré du vent et ça se ferme aussi sans suivre le processus de liquidation d’une entreprise. La loi ne permet plus ça aujourd’hui. Ce n’est pas parce que j’ai une opportunité que je crée une entreprise et  quand l’opportunité passe, je dois de l’argent à l’Etat ou au particulier, je ferme, je crée une autre, vous ne pouvez plus le faire aujourd’hui. Aujourd’hui, le ministère des PME à travers l’ANPME, vous accrédite, vous dit si vous êtes une micro, petite ou moyenne entreprise et dans tout votre cycle de vie, on doit pouvoir vous suivre ? Donc une fois que vous êtes accrédité, on doit vous suivre jusqu’à …On sait où une entreprise nait, grandit et meurt. Jusqu’à ce que l’entreprise meure, nous devons savoir où est-ce que vous êtes.  Donc voilà, nous feront également ça cette année. Nous avons commencé à accréditer les PME, aussi, autre chose, c’est nous avons la mise en place de l’observatoire des PME. Tout ce qui se passe, il faut qu’on sache, comment va la PME ? Quels sont ses problèmes ? Est-ce que les financements sont bien acquis, est-ce que les produits permettent à la PME de bien vivre ?  Il faut qu’on arrive à suivre ça. Un grand pan de notre travail cette année, c’est la mise en place des infrastructures de base aux micros, petites et moyennes entreprises. Il y a une étude de la BOAD qui est en cours, une étude du Bénin bien sûr, financée par le la BOAD, qui va permettre d’installer dix incubateurs pépinières et hôtels d’entreprises dans dix communes du Bénin. Il faut dire, les incubateurs, pépinières d’entreprises et hôtels d’entreprise sont des structures qui permettent d’accueillir l’entreprise dans sa phase de développement.

Quand vous êtes encore à l’étape d’idée de projet, l’incubateur vous accueille, quand vous démarrer avec une jeune entreprise, vous devez rester dans une pépinière pour ne pas être exposer à la concurrence et une fois que nous avez fini ces deux étapes de maturation, on  peut vous exposer maintenant et les hôtels d’entreprise peuvent vous accueillir ? L’Etat envisage le faire dans dix communes du Bénin, les études sont déjà très avancées et ce sera un gros travail que l’ANPME va conduire l’année prochaine. Nous voulons également faire en sorte que les économies locales puissent profiter de leurs micros, petites et moyennes entreprises. Les collectivités décentralisées doivent pouvoir organiser leurs micros, petites et moyennes entreprises dans leur ressort territorial. A ce titre, nous avons déjà pris langue avec les mairies pour que les mairies désignent un point focal pour que les renforcements de capacités puissent couvrir les 77 communes de notre pays. Nous allons continuer la promotion du made in Benin et on  a une foule d’activités avec les professionnels des médias pour que les produits béninois puissent vraiment s’intégrer et surtout se substituer à tous les produits importés dont nous avons l’avantage souvent plus que comparatif lorsque nous avons un avantage plus que comparatif dans un produit , il se servirait à rien de faire la promotion d’un produit que nous avons importé. Donc, l’ANPME va continuer avec ça et nous irons encore plus loin avec l’information et la communication sur la commande publique. Et cette fois-ci, ce sera la mise en place d’une plateforme numérique qui permet au PRMP et à tous les acteurs de la chaine de commandes publiques de voir qui respecte les mesures du gouvernement et qui ne les respecte pas. Donc voilà un peu les grandes activités sur lesquelles nous allons nous focaliser en cette année 2021 avec le concours des professionnels des médias qui, vous le savez, sont très bien placés pour permettre une meilleure stimulation du consommons local.

Depuis votre prise de fonction, quels ont été vos rapports avec les promoteurs des PME et PMI béninoises ? Est-ce que ces rapports, ont été toutes les fois, professionnels?


Ah oui, depuis le début, moi je ne fais rien sans les faîtières des PME. Et les différentes faitières, c’est dire les associations des PME, ce sont nos portes d’entrée vers les PME ; il y a beaucoup de PME qui viennent aussi individuellement chez nous mais, nous pensons que lorsqu’une PME est dans une faîtière, ça rassure et ça permet de partir du plan stratégique de cette faîtière et de beaucoup travailler avec cette PME. A ce titre, il y a beaucoup de faîtière, INA-pme, FENA-pme, le Coneb et également des associations professionnelles que l’ANPME  a aidé à renforcer leurs capacités, par exemple l’association des producteurs de pains, les pâtissiers, producteurs de pain sucré, qui ont, en 2017, produit un plan stratégique dans lequel l’ANPME s’est engouffrée pour renforcer leurs capacités depuis 2017. Nous avons l’Union des garagistes professionnels du Bénin qui a eu des appuis matériels de l’ANPME. On a  continué leur renforcement de capacités parce qu’un garage, c’est la clinique des véhicules et il y a un certain nombre de choses que les garagistes doivent savoir. Donc on a commencé leur renforcement de capacités, on les a appuyés, pour l’élaboration de leur code de déontologie et ça continue avec ces garagistes. Il y a également l’Association béninoise des créateurs de mode, je ne sais pas si c’est le nom exact et là c’est pour parler de Lolo Andoche, de Casterman… tous ceux qui sont dans le stylisme. Nous, on avait travaillé beaucoup plus sur le « Kanvo », donc on a  un parterre de tisserandes sur toute l’étendue du territoire dont nous avons renforcées les capacités, nous les avons formées sur les nouvelles techniques de tissage mais également équipées en métier à tisser et donc pour nous, les utilisateurs de ce Kanvo, sont les stylistes et il faut les renforcer, les appuyer d’une manière ou d’une autre  pour que la matière première issue des différentes productions soient mieux valorisée. Donc on a de très bonnes relations avec les faîtières des PME et les associations professionnelles qui bénéficient de nos différents programmes ; On a même un programme qu’on a appelé «  le programme pro » qui s’occupe spécifiquement des professionnels de métiers et souvent vous savez, les béninois sont champions parfois dans la technique. Je vais vous faire une pique. Vous êtes d’excellents journalistes mais je suis sûr que, vos entreprises de presse ne sont pas nécessairement aux normes. Vous écrivez peut-être de très bons articles, vous faites de très bons reportages mais quand on voit peut-être derrière, vous n’avez pas une bonne politique de marketing, votre comptabilité est peut-être encore basique, voilà ; je suis sûr que ce n’est pas ça mais je m’aventure quand même pour dire que pour ces professionnels, nous allons au-delà de ce qu’ils savent faire au plan technique. Nous voulons que toutes les autres fonctions de l’entreprise soient remplies. Vous avez de très bons garagistes qui manipulent les clés, les scanners mais derrière, vous n’avez rien d’autre que ça…

Vous avez de très bons garagistes qui manipulent les clés, les scanners, mais derrière, vous n’avez rien d’autres que ça. Si l’administration fiscale vient, il n’y a aucune trace de leur mémoire comptable. On va nous dire qu’on va leur faire des redressements parce qu’ils font des affaires et il n’y a aucune trace. Donc nous les capacitons pour que tout ce qu’ils font soit traçable, transparent. Avoir un petit cahier pour tracer sa comptabilité, payer ses impôts, il y a tout ça que nous faisons avec les associations et ça porte beaucoup plus lorsqu’on passe par les faîtières. Donc je crois que la collaboration est parfaite. Tout ce qu’il faut, c’est de les prendre maintenant comme la loi le permet, de les prendre et de renforcer la capacité de ces associations pour qu’elles soient beaucoup plus utiles non seulement à l’ANPME, mais aussi, à leur différents membres.

Comment faîtes-vous la promotion du made in Benin à travers les appuis de l’ANPME aux artisans, aux PME et aux autres acteurs ?

Nous prônons le made in Benin, c’est si les entreprises font des efforts pour produire et à la fin, on ne consomme pas, il ne sert à rien de produire. Et vous allez voir, toutes ces productions sont des produits transformés. Ça veut dire qu’en amont, il y a quelqu’un qui a donné la matière première qui vient peut-être de l’agriculture qui a été transformée. Vous voyez le jus d’ananas, c’est un producteur d’Allada qui a fait son ananas mais quelqu’un l’a mis en bouteille. Donc nous essayons de voir dans quelle mesure promouvoir le made in Benin en commençant par la qualité du produit. La qualité nutritionnelle, la qualité sanitaire du produit. Ce n’est pas l’ANPME qui a l’expertise, il y a des structures de l’Etat qui ont l’expertise. Sur la qualité des produits, c’est l’ABSSA (Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments). Nous dirigeons nos PME vers les structures de l’Etat qui sont chargées de la qualité sanitaire et nutritionnelle des aliments. Une fois que les aliments ont satisfait à cette condition, il y a toutes les   conditions de normes et autres. On ne va pas mettre n’importe quoi sur le marché pour que vous buviez. Il faut que ça soit des produits de qualité. Donc c’est la première partie du made in Benin, c’est-à-dire ça doit être des produits de qualité qui rassure le consommateur. Mais nous faisons ce travail en amont pour que les produits soient de bonne qualité. L’autre phase, c’est la présentation des produits. Une fois que vous avez des produits de bonne qualité, c’est l’œil qui commence à acheter. Quand on voit un produit bien emballer, le packaging est bien assuré, on peut être sûr que ce produit serait vendu. Alors, nous les appuyons dans ce sens pour le relooking de leurs produits pour que les consommateurs puissent voir la différence entre tout ce qui est importé et ce qu’ils font. Après nous lançons les campagnes de promotion utilisant la presse grands affichages, les émissions grand-public, tout ce qui est gadget, T-shirt, casquette, porte-clés. Bref, tout ce qui peut porter l’image des différents produits. On l’a fait pour une dizaine de produits, au Bénin, régionalement réparti. Il y a les produits « King of Soto », le fonio de l’Atacora, des jus d’ananas comme « Junatas », « Cirus ». Bref, il y a un certain nombre de produits dont nous avons fait de grande promotion. On a ajouté le pagne tissé, le Kanvo, pour que le béninois, pour n’importe quelle occasion festive, n’achète rien d’importer. Donc on a sorti le concept tout pour la fête et on a pu démontrer qu’au cours d’une fête les béninois peuvent s’approvisionner rien qu’en des produits made in Benin. On accompagne nos entreprises aux foires nationales comme internationales pour qu’ils puissent vendre leurs produits. J’ai parlé tout à l’heure de l’Association des ambassadeurs culturels à nos produits. C’est ce qu’on a fait cette année, les écrivains parlent dans leurs œuvres des produits du Bénin, des plages, des hôtels  pour que quelqu’un qui n’est jamais venu au Bénin en lisant un ouvrage du Bénin ait déjà une idée de ce qu’il ira voir au Bénin. Au-delà de ça, nous envisageons déjà pour cette année, associer tout ce qui est audiovisuel à la promotion de ces produits ; ça peut être des spots, ça peut être des documentaires ; ça peut être des films entiers qui font la promotion de ces produits made in Benin. Ce que nous faisons aussi, c’est de faire en sorte que ces produits soient dans le répertoire national des prix pour que lorsqu’on veut faire des marchés publics, des commandes publiques sur un certain nombre de choses, ces produits-là soient également cités comme tout autre produit qui se trouve dans le répertoire des PME. Nous faisons du lobbying avec un certain nombre de structures qui utilisent les produits, par exemple, la destination Bénin. Nous allons au niveau de l’aéroport pour voir tous les services qui s’occupent de la restauration des vols au départ et à l’arrivée de Cotonou pour voir dans quelle mesure nos produits peuvent être positionnés. On ne peut pas démarrer du Bénin sans boire un jus d’ananas dans l’avion en partance du Bénin. On fait donc ce lobbying pour que ces produits puissent être intégrés dans leur package. Autres choses aussi, le programme de cantines scolaires. Nous sommes en pourparlers pour que ça puisse utiliser également tous les produits made in Benin. C’est pour ça que quand le ministère du commerce a lancé le mois du « Consommons local », nous on a dit on se retrouve parfaitement dedans et en marge de ce mois, nous avons donné de prix aux écrivains qui ont valorisé les PME dans leurs œuvres littéraires à la fin du « mois du consommons local ». L’une des rares structures à promouvoir le consommons local depuis 04 ans. Lorsque vous venez chez nous pour les pause-café, ou le mobilier que nous utilisons,   nous ne consommons que local. Vous ne mangerez que du béninois quand vous venez suivre une formation à l’ANPME et quand  nous voulons acheter du mobilier, c’est les artisans béninois qui nous en procurent. D’ailleurs, c’est tout le ministère des PME qui est comme ça.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?

A l’ANPME, nous sommes à l’ère des réformes, et le secteur des entreprises, de l’entrepreneuriat a été très secoué. Avant 2016, c’est un secteur qu’on a assez secoué et au finish, on n’a pas eu assez de résultats. L’Etat est très regardant sur comment la gouvernance doit être améliorée pour le secteur des entreprises et pour le secteur de l’entrepreneuriat. Donc l’ANPME est en pleine réforme et on essaie de revoir, de redistribuer toutes les cartes à ce niveau. Donc on peut dire que c’est ça qui a un tout petit peu ralenti un peu les activités lancées au début mais l’un des problèmes que je citerais, c’est notre déconcentration au plan national. Pour le moment, on a trois antennes. On est au centre et au nord. La carte de l’ANPME, c’est une dizaine d’antennes sur tout le territoire national pour couvrir les grandes zones de masses critiques de PME mais pour le moment on en est  à trois, donc on a une faible couverture au niveau national. Comme je l’ai dit, les ressources que nous avons ne permettent pas encore de couvrir tout le territoire national. Il faut dire aussi que les canaux utilisés par l’ANMPE ne permettent pas d’atteindre toutes les PME. On peut dire qu’il y a des problèmes d’informations sur les services que nous offrons. Les PME ne sont pas souvent captées et surtout régionalement. On doit pouvoir se déplacer pour que tout le monde puisse en bénéficier. En gros, c’est ce que je peux dire concernant les petits problèmes à l’ANPME, les problèmes de gouvernance interne, de ressources humaines.

Quels sont les impacts positifs de vos appuis et assistance aux PME béninoises ?

On ne voit pas les  impacts de ces genres de choses. Nous on ne construit pas des routes, pas des écoles. Nous on capacite les entreprises qui créent de la richesse, créent des emplois. Donc vous ne verrez pas ces genres de choses lorsqu’on ne fait pas les enquêtes, mais beaucoup de nos entreprises ces dernières années, ont créé des emplois, ont augmenté leurs chiffres d’affaires, ont impacté durablement leur communauté. Et on a eu des engagements pour l’atteinte des ODD dans beaucoup de communes. Ce qu’on peut dire aussi, c’est que lorsque nous avons lancé les activités, beaucoup de structures d’appui et d’encadrement privé, puisque nous faisons du faire-faire, beaucoup ont été amenées à se spécialiser dans l’appui aux PME. Donc ça, c’est un impact positif que nous avons. C’est dire qu’aujourd’hui, il y a de l’expertise pour pouvoir donner de bons résultats au niveau des PME. Au niveau des différentes régions de notre pays, il y a aucune commune au Bénin qui n’ait pas reçu au moins un appui. Il n’y a pas cette commune où une PME n’a pas reçu un appui de l’ANPME. Donc on a impacté toutes les régions du Bénin et je crois que c’est à notre actif. Et un autre impact. Un autre impact que je peux citer, c’est l’engouement des populations à découvrir autre chose. Dans l’école de métier, elles découvrent autres choses que ce qu’elles ont l’habitude de faire. Lorsque vous démontrez à des stylistes que le secteur de la mode va au-delà de la couture, et qu’il y a plus de 35 métiers autour de çà où chacun peut se positionner, ce sont des perspectives d’avenir qu’on leur offre. De la même manière, quand on montre aux garagistes que vous avez de petits outils qui vous permettent de rassurer votre client et vous-mêmes, ça permet quand-même d’ouvrir les petits acteurs dans les grands professionnels, et de les retrouver au cœur de l’économie nationale. Je peux dire que nos impacts sont au microscope et c’est beaucoup plus au cœur de l’entreprise et il faut que l’entreprise parle pour vous dire ce qu’elle a ressenti.

Quel est selon vous, l’avenir des PME-PMI au Bénin ?

L’avenir des PME-PMI est très radieux. Aujourd’hui si vous regardez bien, il y a beaucoup d’engouements, beaucoup d’innovations au niveau des PME, il y a beaucoup de nouveaux produits, il y a beaucoup de jeunes qui s’engagent, qui se battent et je peux dire que l’avenir des PME est garantie à condition que les éléments de gouvernance administrative et financière soient inclus dans leur quotidien. Donc rechercher l’information, avoir les outils de gestion adéquats, sont les gages d’un avenir meilleur pour les PME.

Pouvez-vous nous parler des principaux handicaps des PME béninoises ?

Comme j’ai commencé à le dire, les PME du Bénin, c’est d’abord des problèmes de gouvernance. C’est pour ça que dans l’interface avec les banques, il y a toujours de petits problèmes. C’est quand on ne connaît pas la bonne information au niveau de la PME, la PME n’a pas de mémoire sur ce qu’elle fait, elle ne rassure pas ses partenaires. La PME béninoise ne va pas à la recherche de l’information, la PME béninoise ne se met pas dans un réseau où ensemble nous pouvons faire beaucoup de choses. La PME béninoise cumule beaucoup de fonctions qu’elle peut externaliser. Je donne un exemple : la PME du Bénin veut tout faire alors qu’il y a des spécialistes pour chaque thématique rentrant dans le cadre de son entreprise. Donc c’est ce “trop embrasse” qui fait qu’on ne voit pas l’efficacité de la PME dans ses fonctions techniques ou la plupart ont quand-même une certaine expertise. Donc tout ça les bloque et lorsque les PME ont à faire avec les institutions de financement, lorsqu’elles ont à faire avec des partenaires commerciaux. Les handicaps, c’est ça. Si elles vous disent qu’elles ont des problèmes d’écoulement, je ne partagerai pas cet avis. Elles ont des problèmes d’écoulement parce qu’elles ont produit quelque chose qu’elles n’ont pas vendu. Alors qu’elles doivent vendre quelque chose qu’elles ont déjà fait. Je ne sais pas si vous voyez la nuance. En fait, en matière de commercialisation, on produit ce qu’on a déjà vendu. On ne vend pas nécessairement ce qu’on a produit. Donc il y a cette anticipation sur la connaissance du marché que nous ne connaissons pas. Je l’ai dit tout à l’heure, la présentation des produits est ce qu’elle est, et ça ne permet pas de rassurer le client.

Pensez-vous qu’il faille proposer de nouvelles réformes pour permettre aux PME d’avoir accès aux financements innovants ?

Il y a assez de réformes. Depuis 2016, le gouvernement a entrepris beaucoup de réformes pour améliorer le cadre légal, le cadre réglementaire et le cadre institutionnel au Bénin. A tout hasard, aujourd’hui le Bénin est le pays le plus rapide au monde où on crée son entreprise. Il y a beaucoup de réformes. Pour voir l’étape de ces réformes, allez sur Doingbusiness.com. Vous allez voir qu’il y a une centaine de réformes pour vraiment faire du secteur privé le poumon de l’économie nationale. Le problème ne se pose pas au niveau des réformes, encore qu’il y a beaucoup de lois qui ont été votées pour faciliter l’accès au financement, la loi sur le leasing, la loi sur l’affacturage. Un certain nombre de réformes que le gouvernement a mis en place. Le tribunal du commerce rassure les différentes parties prenantes d’un contrat, donc le problème est beaucoup plus au niveau des banques. Là, je ne vais pas être gentil avec les banques. Elles ne font pas l’effort nécessaire pour ouvrir une petite fenêtre pour essayer de voir quelle est la rentabilité que les filières qu’on nous a proposées apportent. Malgré les études qui ont été faites pour leur montrer la rentabilité de nombreuses filières, les banques sont restées assises sur leur ratio. Il faut que les banques contextualisent un certain nombre de choses au lieu de se cramponner aux accords. Je veux qu’elles se jettent à l’eau, contextualisent l’appui à apporter aux PME au Bénin et accompagnent toutes les réformes que le gouvernement fait déjà pour les rassurer. Pour parer au covid, le gouvernement à mis suffisamment de moyens pour appuyer les PME. Mais est-ce que les dispositions bancaires permettent une bonne consommation de ces ressources que le gouvernement a mises à disposition ? Je me pose encore la question.  

Il faut que les promoteurs se jettent à l’eau, contextualisent l’apport au PME au Bénin et accompagnent toutes les réformes que le gouvernement fait déjà pour les rassurer. Pour parer au covid, le gouvernement a mis suffisamment de moyens pour appuyer les PME mais est –ce que les dispositions bancaires permettent une bonne consommation de ces ressources que le gouvernement a mis à disposition, je me pose encore la question aujourd’hui je crois que quand on fait le point il n’y a pas encore beaucoup de PME qui ne sont pas encore allées dans ces opportunités bancaires.  Donc je voudrais vraiment demander des reformes pour que les banques aient des quota de crédits à donner aux PME. Je crois que sans inciter les banques à faire le premier pas on va tout faire, nous allons capaciter les PME, les structurer,  nous allons leur faire les états financiers les plans d’affaires tous les jours mais au seuil de la banque ils vont trouver qu’un ratio n’a pas marché et on va devoir refaire le chemin. Pour les questions de financement nous attendons un engagement des banques à accompagner le entreprises du secteur privé les petites et moyennes entreprises se jeter à l’eau, prendre des risques comme les PME se sera la principale réforme. C’est des quotas minimaux de crédits que les banques doivent réserver aux petites et moyennes entreprises.

Certains experts soutiennent que des fonctionnaires d’Etat ne sont pas les mieux qualifiés pour trouver des solutions adéquates aux problèmes des entreprises puisque les réalités sont différentes. Qu’en pensez-vous ?

Je crois que c’est un avis que je ne partage pas, il y a un fort taux d’administration dans les entreprises et l’appui de l’administration aux entreprises est très important. Il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire avec l’administration publique et un bon fonctionnaire est beaucoup plus utile dans ce cadre. De la même manière le fonctionnaire va beaucoup plus embaumer dans les lourdeurs administratives qui va ralentir le professionnel du privé qui veut que les choses aillent vers une gestion axée sur le profit. Le fonctionnaire n’est pas tellement axé sur le profit. Le secteur privé vise essentiellement la rentabilité de tout acte qu’il pose mais je crois que c’est un mélange des deux qui peut gérer une agence des PME. C’est comprendre la logique de l’entrepreneur mais également voir le rouage de l’administration. Mais quelqu’un du privé va chercher à avoir les résultats sans prendre les garanties administratives qu’il faut et là je crois aussi qu’il sera dans le décor. Donc il faut un mélange, un équilibre entre les deux, un peu d’administration sur une gestion axée sur les profits et on fait cette balance pour être utile aux PME. Moi je viens du privé et dans votre question, je veux parfois l’éviter mais il y a les normes administratives qui parfois peuvent faire aller plus vite que vous voulez ou moins vite. Donc il faut supposer les deux, les experts qui ont dit ça ont un peu tort.

Quelle est la contribution des PME béninoises à la résolution du problème de chômage dans notre pays ?

Les PME créent beaucoup d’emplois, on peut dire que ce n’est pas des emplois permanents mais le secteur absorbe beaucoup de mains d’œuvres occasionnelles, mains d’œuvres temporelles. Les PME sont présentées comme des soupapes de la pauvreté. C’est vrai que ce n’est pas encore du durable et les emplois ne sont pas encore aussi décents qu’on le souhaite mais c’est le seul secteur qui permet de créer des emplois. C’est vrai qu’on n’a pas des statistiques fiables sur comment les PME absorbent le chômage. Mais les PME représentent la principale soupape de sécurité pour l’emploi au Bénin.

Le chômage devient de plus en plus préoccupant. Les programmes scolaires exécutés au secondaire et dans le supérieur forment-ils des jeunes dans les compétences recherchées par les employeurs locaux et étrangers ?

Ça c’est une question récurrente où d’orientation, la formation aujourd’hui permet de régler un certain nombre de problème mais on peut dire qu’il n’y a pas une adéquation complète entre l’offre de formation et la demande. Mais le ministère est également le ministère de l’emploi à cet titre l’Agence nationale pour l’emploi, l’ANPE, s’emploie à informer et conscientiser les étudiants même les élèves sur la bonne orientation sur le marché de l’emploi. Donc mon collègue de l’ANPE est sur le campus pour dire aux étudiants si vous êtes dans telle filière le taux d’embauche est de tel. Sachez choisir, sachez orienter et si vous avez cette information quand les nouveaux bacheliers viennent sur le campus voilà l’une des déclarations que le DG ANPE, le ministre font de leur montrer le taux d’embauche dans les différentes filières pour que chacun s’oriente. Nous à l’ANPME nous sommes régulièrement sur le campus d’Abomey-Calavi et celui de Parakou pour leur montrer toutes les possibilités qui se trouvent dans les formations des PME. C’est-à- dire en fonction de votre formation vous pouvez être utile pour apporter une solution aux PME. Donc nous montrons dans les chaines de valeur si vous êtes de l’EPAC où de la FASEG en quoi vs pouvez développer votre capacité dans les chainons manquants des PME mais je voudrais dire qu’il y a beaucoup d’initiatives qui permettent déjà de capaciter les PME depuis le primaire et le secondaire pour que les bons choix puissent être faits. Hier jusqu’à minuit nous étions au Sapel à l’hôtel Azalaî, c’est le salon des petits entrepreneurs où une cohorte des élèves où des universités étaient embarqués dans un programme ou ils ont  simulé l’entrepreneur. Ce sera généralisé après dans tout le Bénin. Ils ont simulé pendant deux ou trois jours le rôle de l’entrepreneur qui jouaient aux banquiers, au spécialiste du marché publique qui était le CO de sa boite ils ont fait des expositions, ils ont vendu et hier on a fait le point. De telles initiatives permettent de capaciter des jeunes. Vous avez été tous ici des affairistes au primaire où au collège, vous avez vendu des biscuits mais pour quoi après on perd ce réflexe ? Je crois que c’est le marché qui n’a pas beaucoup conditionné vos choix. Déjà je crois que vous avez entendu le chef de l’Etat sur les grands programmes de formation professionnelle. Au fait je ne vais pas revenir sur les mots qui ont choqué mais c’étaient des  vrais mots et maux dont nous souffrons et je crois comme il l’a si bien décrit, la formation technique va pourvoir prendre son ampleur et permette de régler tous les problèmes que nous avons et pour lesquelles nous sommes obligés d’importer des ressources humaines de l’extérieur. Je ne vous donnerai pas des secteurs mais il y a des secteurs dans lesquels vous vous rendrez compte que les Béninois n’ont aucune expertise et c’est de la main d’œuvre importée qui le fait.

Quels sont les impacts de la Covid-19 sur vos activités ?

Covid a tout ralenti, la chance que nous avons eu pour pouvoir mieux voir les effets du covid est qu’au début de l’année 2020 nous avons fait une enquête pour voir comment se portait nos entreprises c’est le baromètre numéro1 que nous avons fait. Et on n’a vu qu’il y avait un engouement, vers la fin de l’année  qu’il y a eu les mesures gouvernementales qui ont fait entrer dans les poches des fonctionnaires beaucoup de moyens,  ce qui a stimulé la consommation. Donc le premier trimestre était parti sur de très bons signes et on a vu la plupart des entrepreneurs,  plus de 75% voyaient qu’ils avaient fait beaucoup d’investissements mais quand le covid a démarré tout a été plombé. Des secteurs ont été frappés de plein fouet. Je prends le secteur de l’agroalimentaire il y a eu le problème d’approvisionnement de matières premières et beaucoup d’entreprises ont été fermé des promoteurs. Le payement des salaires a été le véritable problème,  des contrats que les gens ont signé et ils ne pouvaient plus les honorer. 

Alors nos interventions ont été de leur donner quelques techniques d’adaptation. Par exemple tous les restaurants qui sont dans notre base ont leur a demandé de privilégier les mets à emporter ; de privilégier un certain nombre de choses qui peuvent leurs permettre d’écouler leurs produits. Le secteur de l’hôtellerie a été touché de plein fouets heureusement les mesures du gouvernement ont permis quand même d’amoindrir un petit peu ces chocs. Donc le covid a été dévastateur pour le premier semestre  en 2020. Nos conseils, nos appuis n’ont pas été pointus comme on le fait d’habitude puisque nos activités aussi ont été ralenties. Donc ce n’est qu’au deuxième semestre qu’on a commencé à refaire un certain nombre d’activités.

Le gouvernement a accordé beaucoup de subventions  aux micros petites et moyennes entreprises. Chacun dans son couloir les artisans, les touristes, etc. Mais je crois que l’économie est en train de reprendre petit à petit mais nous devons garder la tête suffisamment froide. Il faut qu’on puisse restructurer les entreprises qui ont coulées afin qu’elles puissent de nouveau fonctionner. Donc ce  sera tout un travail en 2021, voir les entreprises qui ont eu un choc important et participer à leur restructuration. Voilà un peu ce que je peux dire à propos.

Quels sont les besoins réels des PME béninoises ?

Toutes PME vous diront que c’est des besoins de financement non seulement pour avoir des crédits de trésorerie mais pour investir. C’est essentiellement des besoins de financement mais nous nous pensons que au-delà des besoins de financement les PME ont besoin plus de renforcement de capacités managériales, de leurs capacités pour une bonne gouvernance parce que si une PME n’est pas bien gérée sa durabilité est compromise. Donc si vous mettez du financement dans une PME qui n’est pas structurée, c’est comme on met de l’engrais à la plage. Il n’y a pas de la matière organique pour attraper l’engrais, ça ne donnera rien donc il n’y a rien qui puisse garder l’engrais. Nous, on veut que dans ces PME qu’il y ait une bonne gouvernance de leurs affaires et la bonne gouvernance c’est rien du tout, il y a les règles qui conduisent chaque homme de métier , il y a des textes en matière fiscale , comptable , commerciale que la PME doit simplement connaitre parce que c’est la première partie que la PME doit apprendre et une fois qu’elle le sait il faut qu’elle le mette en œuvre. Et là, vous allez voir trois secteurs d’activité tout ce ne passe pas il y a beaucoup de PME qui font des efforts même des entreprises de jeunes qui ont ouvert depuis trois ou quatre mois qui s’échine à respecter des règles, apprendre , innover, je crois c’est le crédo de tout entreprises pour pourvoir avancer.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Oui je vous ai dit nous apportons des services pertinents aux PME. Ces services partent de leur diagnostic. Les PME n’ont pas les mêmes problèmes, il y a des PME qui ont problème de production, il y a des PME qui ont problème de comptabilité, d’écoulement de commercialisation, il y a des PME qui ont problème de branding, juste on ne sait pas d’où elles sont, elles ont besoins de visibilité. En fonction de chaque problème l’ANPME trouve les cabinets, les expertises nécessaires pour solutionner ces différents problèmes des PME, qui vont de la qualité de leurs produits. La qualité sanitaire et nutritionnelle de leurs produits. De leur positionnement sur le marché, du respect des règles basic de la fiscalité. Voilà si les PME rentrent dans ces couloirs de gouvernance, je reviens sur ça. Gouvernance administrative, financière, fiscale, commerciale des PME, c’est le basic, nous savons que tout le monde s’est produit. Ils ont d’abord une technique c’est pourquoi la quat’up est là. Je vous aie donné votre propre exemple vous êtes d’excellent journaliste, derrière vous vous, il n’y a pas  avez une entreprise qui organise vos affaires correctement de telle sorte qu’il y a beaucoup de perte de ressource peut être que vous ne facturer pas bien. Alors c’est un travail intellectuel qui coute cher.


Source: La Rédaction du Journal L'Economiste